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Boeing vs Airbus : Pourquoi la reprise de 2025 doit déclencher vos projets d’extension


Ouvriers assemblent pièce d'avion dans usine moderne.

Les chiffres tombés ce début janvier 2026 sont clairs : le duel transatlantique est relancé. Si Airbus conserve son leadership sur les livraisons (793 appareils en 2025), Boeing a repris l’avantage sur les commandes pour la première fois depuis 2018.

Pour le grand public, c’est un match de prestige. Pour vous, dirigeants de PME industrielles et acteurs de la supply chain aéronautique, c’est un signal opérationnel critique. Ce rééquilibrage du marché signifie une chose : la montée en cadence (ramp-up) n’est plus une option, c’est une exigence immédiate.

La saturation des carnets de commandes chez les deux géants va mécaniquement se répercuter sur toute la chaîne de valeur. La question n’est plus de savoir si vous aurez de l’activité, mais  et comment vous allez pouvoir la produire.

La fin de l’attentisme industriel

Depuis 2020, beaucoup d’entreprises du secteur ont navigué à vue, freinées par les crises qualité de Boeing ou les difficultés logistiques d’Airbus. 2025 marque la fin de cette période de flottement.

Avec un Boeing qui vise les 600 livraisons annuelles et un Airbus qui pousse ses usines au maximum, la pression descend en cascade sur les rangs 1, 2 et 3. Les donneurs d’ordres ne tolèreront plus les goulots d’étranglement. Pour les sous-traitants français – qu’ils soient basés en Occitanie, en Nouvelle-Aquitaine ou dans les clusters émergents des Pays de la Loire et du Grand Est – cela impose trois défis majeurs :

  1. Sécuriser les volumes : Si vous fournissez les motoristes (Safran, GE) ou les équipementiers structurels, vos plans de charge vont se densifier.
  2. Diversifier les risques : Le retour de Boeing valide la pertinence d’une stratégie “dual source”. Être capable de servir les deux avionneurs devient un atout concurrentiel, à condition d’avoir l’outil industriel pour le faire.
  3. Moderniser l’outil : La demande porte sur des avions plus efficients (A321neo, 737 MAX). Vos lignes de production doivent suivre ces standards technologiques.
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L’immobilier industriel, nouveau facteur limitant

C’est ici que la stratégie d’implantation entre en jeu. Augmenter la cadence de 10 ou 20 % ne se fait pas en poussant les murs.

Nous constatons sur le terrain une tension croissante sur le foncier industriel disponible. Les zones d’activités historiques autour de Toulouse ou Bordeaux sont proches de la saturation. De plus, la mise en œuvre du ZAN (Zéro Artificialisation Nette) complexifie la construction de nouveaux sites ex-nihilo.

En tant que dirigeant, vous devez anticiper deux scénarios :

  • L’extension sur site : Est-elle techniquement et administrativement possible ? Avez-vous les réserves foncières et les autorisations ICPE nécessaires pour augmenter vos volumes ?
  • La délocalisation ou la création d’un site secondaire : C’est souvent la solution la plus pragmatique pour contourner la pénurie de main-d’œuvre locale ou se rapprocher de nouveaux clients.

Le critère oublié : la guerre des talents

La reprise de Boeing et la constance d’Airbus relancent brutalement la guerre des talents. Soudeurs, ajusteurs, ingénieurs méthodes : les profils qualifiés redeviennent la ressource la plus rare.

Votre choix d’implantation ne doit plus se baser uniquement sur le coût du mètre carré ou la fiscalité locale. Il doit intégrer le “bassin d’emploi”. S’implanter dans une zone où l’écosystème aéronautique est dense offre des synergies, mais vous expose à un turnover élevé et à une inflation salariale.

À l’inverse, viser des territoires dits “de report”, situés à 1h ou 1h30 des grands hubs aéronautiques, peut vous offrir un accès plus stable à une main-d’œuvre qualifiée, souvent plus fidèle, avec des coûts fonciers divisés par deux. Des régions comme le Centre-Val de Loire ou certaines zones d’Auvergne-Rhône-Alpes tirent aujourd’hui leur épingle du jeu sur ce créneau.

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Anticiper pour ne pas subir

Les délais de mise en service d’un nouveau site industriel en France restent longs (18 à 24 mois en moyenne entre la décision et le démarrage). Si vous attendez que vos lignes actuelles soient saturées pour chercher du foncier, vous serez déjà en retard.

L’analyse des chiffres 2025 de Boeing et Airbus doit agir comme un déclencheur. Regardez votre carnet de commandes prévisionnel à 3 ans. Si la courbe dépasse vos capacités actuelles, la recherche immobilière doit commencer maintenant.

Les points de vigilance pour votre cahier des charges :

  • La puissance électrique : Vos nouvelles machines consommeront plus. Le réseau local peut-il suivre sans coûts de raccordement prohibitifs ?
  • La logistique : La hausse des cadences implique une rotation accrue des camions. La desserte du site est-elle adaptée ?
  • La réversibilité : Privilégiez des bâtiments standards ou modifiables. L’industrie aéronautique est cyclique ; votre actif immobilier doit rester liquide.

Comment Pôle Implantation Entreprises peut vous aider

Dans ce contexte de reprise forte, identifier rapidement le bon site est stratégique. Les collectivités locales disposent de solutions méconnues : friches industrielles réhabilitées, bâtiments “clés en main” (shell buildings), ou terrains avec permis d’aménager purgés.

Notre rôle est de vous donner accès à ces opportunités “cachées” avant qu’elles n’arrivent sur le marché public.

Pôle Implantation Entreprises recense en continu les disponibilités foncières et immobilières sur l’ensemble du territoire national. Ce service, financé par les territoires, est totalement confidentiel et gratuit pour les entreprises.

Nous qualifions vos besoins (surface, hauteur sous plafond, puissance électrique, bassin d’emploi) et nous interrogeons notre réseau pour vous proposer une sélection de sites compatibles avec vos impératifs de production.

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Ne laissez pas le manque de mètres carrés freiner votre croissance alors que le marché aéronautique redécolle.

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Experte en accompagnement des entreprises, Aurore est depuis plus deux ans au cœur des prises de décisions des entreprises, des startups, PME et grands groupes.

Sa connaissance approfondie des territoires et des différents leviers de financement des projets font d’elle votre partenaire privilégiée dans le développement de votre entreprise.

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