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Mobilité durable des collaborateurs : les leviers pour les entreprises


Salariés se rendant au travail à vélo et en transports en commun devant un site d'entreprise moderne, mobilité durable

La mobilité durable des collaborateurs est devenue un enjeu central de la stratégie RSE des entreprises. En France, 74% des actifs utilisent encore la voiture pour se rendre au travail (INSEE), et les trajets domicile-travail représentent 17,4 millions de tonnes de CO2 par an. Forfait Mobilités Durables, plan de mobilité, verdissement des flottes, choix d’un site bien desservi : les leviers sont nombreux, encore faut-il les activer.

1. Pourquoi la mobilité des collaborateurs est-elle un enjeu de développement durable ?

Les déplacements domicile-travail pèsent lourd dans le bilan carbone des entreprises. Selon l’INSEE, ces trajets génèrent 17,4 millions de tonnes équivalent CO2 par an, dont 98% sont imputables à la voiture individuelle. Ils représentent à eux seuls plus de 25% des émissions des voitures particulières en France, et 13% des gaz à effet de serre du secteur des transports.

Le potentiel de réduction est réel. La distance moyenne domicile-travail s’établit à 14,2 km, mais près de 60% des trajets de moins de 5 km se font encore en voiture (ADEME). Sur ces courtes distances, le report vers le vélo, la marche ou les transports en commun est immédiatement accessible et représente le premier gisement d’économies d’émissions pour un employeur.

Un poste clé du Scope 3 et du reporting extra-financier

Les déplacements des salariés relèvent du Scope 3 du bilan carbone, c’est-à-dire les émissions indirectes liées à l’activité de l’entreprise. Avec la directive CSRD, ces émissions deviennent un indicateur extra-financier à mesurer, suivre et réduire. La mobilité durable n’est donc plus une simple initiative de bien-être : elle alimente directement les obligations de reporting et la trajectoire de décarbonation de l’entreprise.

À noter : agir sur la mobilité permet de réduire des émissions difficiles à compresser ailleurs, tout en envoyant un signal concret aux parties prenantes (salariés, clients, financeurs). C’est l’un des rares leviers RSE qui combine impact environnemental, gain social et bénéfice économique.

2. Quels dispositifs pour encourager la mobilité durable des salariés ?

Le Forfait Mobilités Durables (FMD)

Le FMD permet à l’employeur de prendre en charge les frais de déplacement domicile-travail de ses salariés en modes propres, avec une exonération de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu. C’est le dispositif phare de la mobilité durable en entreprise. En 2026, les plafonds d’exonération sont les suivants :

Situation Plafond exonéré 2026
FMD seul 600€ par an et par salarié
FMD cumulé avec abonnement transports en commun 900€ par an et par salarié
Indemnité kilométrique vélo (intégrée au FMD) 0,37€/km, plafond 3 700€/an

Les modes éligibles sont nombreux : vélo personnel (mécanique ou électrique), covoiturage (conducteur ou passager), transports en commun, trottinettes et engins en location ou libre-service, autopartage de véhicules à faibles émissions. Le montant versé doit figurer distinctement sur le bulletin de paie, et l’employeur conserve les justificatifs en cas de contrôle URSSAF. Au-delà du plafond, l’excédent reste possible mais devient soumis à cotisations.

Vélo de fonction, recharge et flottes propres

D’autres leviers complètent le dispositif. Le vélo de fonction, dont le cadre fiscal et social a été sécurisé par le Bulletin officiel de la Sécurité sociale (BOSS) au 1er juin 2026, permet désormais une conversion de salaire en vélo sans risque de requalification. L’installation de bornes de recharge sur le parking de l’entreprise facilite la transition vers le véhicule électrique. Enfin, le verdissement progressif de la flotte de véhicules de fonction réduit à la fois l’empreinte carbone et la fiscalité associée.

Un dispositif sous-exploité : selon le baromètre 2025 du ministère de la Transition écologique et de l’ADEME, le FMD n’est déployé que dans 7% des entreprises du secteur privé, contre 25% dans le public. Pourtant, 98% des bénéficiaires s’en disent satisfaits et 51% des salariés non-bénéficiaires se disent intéressés. Une marge de progression considérable pour les employeurs.

Le plan de mobilité, pour structurer la démarche

Au-delà des aides financières, un plan de mobilité permet de structurer l’ensemble des actions : diagnostic des trajets des salariés, aménagement de stationnements vélo sécurisés, mise en place de navettes ou de plateformes de covoiturage internes, télétravail et horaires décalés pour lisser les pics. C’est en combinant plusieurs leviers que les résultats deviennent significatifs.

3. Quelles obligations légales pour les entreprises ?

La loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019 a renforcé les obligations des employeurs en matière de mobilité des salariés. Trois dispositifs principaux encadrent aujourd’hui les entreprises.

Plan de mobilité employeur

Depuis 2020, les entreprises d’au moins 50 salariés sur un même site doivent intégrer la mobilité domicile-travail aux négociations annuelles obligatoires (NAO). À défaut d’accord, l’élaboration d’un plan de mobilité employeur (PDMe) devient obligatoire.

Verdissement des flottes

Les entreprises gérant plus de 100 véhicules doivent atteindre 20% de véhicules à faibles émissions lors des renouvellements en 2026, puis 40% en 2027 et 70% en 2030. Une taxe de 4 000€ par véhicule manquant s’applique depuis 2025.

Les zones à faibles émissions (ZFE)

Instaurées par la loi LOM et confortées par la loi Climat et Résilience, les zones à faibles émissions restreignent la circulation des véhicules les plus polluants dans les grandes agglomérations. Malgré un débat parlementaire en 2026 autour de leur suppression, les ZFE restent en vigueur à ce jour : la suppression votée a été censurée par le Conseil constitutionnel le 21 mai 2026. Elles continuent donc d’influencer les choix de mobilité des salariés comme des flottes d’entreprise, en particulier pour les sites situés en milieu urbain dense.

Anticiper plutôt que subir : ces obligations ne sont pas qu’une contrainte. Bien anticipées, elles deviennent une feuille de route pour structurer une politique de mobilité cohérente, attractive et conforme à la réglementation à venir.

4. Quels bénéfices concrets pour l’entreprise ?

Investir dans la mobilité durable dépasse largement le respect des obligations. Les retombées sont mesurables sur plusieurs plans.

Marque employeur

83% des salariés déclarent prendre plaisir à travailler dans une entreprise dotée d’une démarche RSE active (baromètre Medef/IFOP). La mobilité durable répond aux attentes des jeunes actifs en quête de sens.

Attractivité et recrutement

Un site accessible et des dispositifs de prise en charge des trajets élargissent le bassin de recrutement et facilitent la fidélisation des talents.

Performance environnementale

La réduction des émissions du Scope 3 améliore le bilan carbone et la notation extra-financière, de plus en plus scrutée par les clients et les financeurs.

À cela s’ajoute un effet sur la qualité de vie au travail : moins de stress lié aux trajets, davantage d’activité physique pour les salariés qui passent au vélo ou à la marche, et une réduction de l’absentéisme observée dans plusieurs entreprises ayant déployé une politique de mobilité active. Le FMD, en complétant le pouvoir d’achat des salariés sans charges supplémentaires, constitue aussi un avantage social apprécié.

5. En quoi l’implantation du site conditionne-t-elle la mobilité durable ?

La localisation d’un site détermine en grande partie la dépendance à la voiture des futurs salariés. L’INSEE le montre clairement : l’usage de la voiture pour aller travailler atteint 84% dans les agglomérations de moins de 100 000 habitants, contre 64% dans les agglomérations plus grandes et 54% en Île-de-France.

Un site mal desservi alourdit l’empreinte carbone, augmente le coût des dispositifs de prise en charge et complique le recrutement. À l’inverse, choisir un terrain ou un local proche d’une gare, desservi par les transports en commun et accessible à vélo, transforme la mobilité durable en atout d’attractivité durable. C’est un arbitrage qui se joue très en amont, au moment du choix du foncier ou des locaux.

Les critères d’accessibilité à intégrer dès le choix du site

  • Proximité d’une gare, d’un arrêt de transports en commun ou d’une ligne structurante.
  • Présence ou possibilité d’aménagement de pistes cyclables et de stationnements vélo sécurisés.
  • Capacité à installer des bornes de recharge pour véhicules électriques.
  • Potentiel de covoiturage selon la répartition géographique du bassin d’emploi.
  • Distance moyenne domicile-travail des salariés actuels ou cibles.

L’accessibilité, critère stratégique d’implantation : intégrer la desserte en transports en commun, les pistes cyclables, les possibilités de covoiturage et l’installation de bornes de recharge dès le choix du site permet de réduire les obligations liées à la LOM, d’améliorer la marque employeur et de faciliter le recrutement.

À retenir

  • 74% des actifs vont travailler en voiture ; les trajets domicile-travail émettent 17,4 millions de tonnes de CO2 par an (INSEE).
  • Le Forfait Mobilités Durables permet d’exonérer jusqu’à 600€/an par salarié (900€ cumulé avec un abonnement transports).
  • Le FMD reste sous-exploité : seulement 7% des entreprises privées l’ont déployé, alors que 98% des bénéficiaires sont satisfaits.
  • Les entreprises de 50 salariés et plus doivent négocier la mobilité (NAO) ; celles de plus de 100 véhicules verdissent leur flotte (20% en 2026).
  • Le choix d’un site bien desservi est le premier levier d’une mobilité durable et d’une marque employeur attractive.

Questions fréquentes

Q : Quel est le montant du Forfait Mobilités Durables en 2026 ?

R : L’employeur peut prendre en charge jusqu’à 600€ par an et par salarié en exonération de cotisations et d’impôt. Ce plafond monte à 900€ lorsque le FMD est cumulé avec la prise en charge d’un abonnement de transports en commun.

Q : Le Forfait Mobilités Durables est-il obligatoire ?

R : Non, le FMD reste facultatif. En revanche, les entreprises d’au moins 50 salariés sur un même site doivent aborder la mobilité domicile-travail lors des négociations annuelles obligatoires.

Q : Quels modes de transport sont éligibles au FMD ?

R : Le vélo personnel, le covoiturage, les transports en commun, les trottinettes et engins en location ou libre-service, ainsi que l’autopartage de véhicules à faibles émissions. Plusieurs modes peuvent être combinés.

Q : Quelles entreprises doivent verdir leur flotte de véhicules ?

R : Les entreprises gérant plus de 100 véhicules. Elles doivent atteindre 20% de véhicules à faibles émissions lors des renouvellements en 2026, puis 40% en 2027. Une taxe de 4 000€ par véhicule manquant s’applique depuis 2025.

Q : Les zones à faibles émissions sont-elles supprimées ?

R : Non. Malgré un débat parlementaire en 2026, la suppression des ZFE a été censurée par le Conseil constitutionnel le 21 mai 2026. Les ZFE restent donc en vigueur dans les grandes agglomérations.

Sources et références

Un site bien desservi, c’est une mobilité durable réussie

Le Pôle Implantation Entreprises vous aide à identifier des terrains et locaux accessibles, desservis par les transports, pour conjuguer attractivité RH et performance environnementale.

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Experte en accompagnement des entreprises, Aurore est depuis plus deux ans au cœur des prises de décisions des entreprises, des startups, PME et grands groupes.

Sa connaissance approfondie des territoires et des différents leviers de financement des projets font d’elle votre partenaire privilégiée dans le développement de votre entreprise.

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